Ca y est ! La mise à jour 3.0 de WordPress est disponible !
Très bonne nouvelle relayée partout sur le web, et comme ce blog tourne sur la plateforme en question, c’est super, youpi.
Voici d’ailleurs au passage un des nombreux liens traitant de l’importance de migrer vers la version 3.0 pour ceux qui ont un blog WordPress ici.
Voilà aussi l’occasion de parler d’un prénom bizarre, dont WordPress a affublé son nouveau thème par défaut : Thelonious.
Mais qu’est-ce que c’est que ce blase ?
Et bien Thelonious, c’est le prénom de Mr MONK, l’un des plus grands pianistes de l’histoire du jazz (de la musique en général ?).
Monk, c’est un des « créateurs » du Be-Bop, avec Charlie Parker, Charlie Christian, Kenny Clarke et Dizzy Gillespie (mieux que le quintet de Miles !).
Mais c’est aussi et surtout, un piano que vous n’entendrez jamais ailleurs : L’art de la dissonance et de l’arythmie.
Par dissonance, on entend (ooohh l’jeu de mot) un ensemble de sons qui semblent n’avoir rien à faire ensemble, du point de vue de notre perception. Vous savez, quand on a l’impression que ça sonne faux, qu’il y une espèce d’instabilité, bref, que l’on est pas à l’aise avec un accord.
Et par arythmie (les fans de House M.d comme moi comprendront), on désigne une irrégularité dans le rythme.
Et la marque de Thelonious Monk en Jazz, c’est ça : un piano dissonant mais pourtant si juste et une arythmie si précise et dans le temps.
D’après Miles Davis (et wikipédia) – Bird me présenta à Thelonious Monk. Son utilisation de l’espace dans les solos, sa manipulation d’étranges progressions d’accords m’étourdissaient, me tuaient. Je me disais toujours : « Mais qu’est-ce qu’il fout ce con ? » L’utilisation de l’espace chez Monk a grandement influencé ma façon de jouer les solos -.
C’est bizarre d’ailleurs, parce que lorsque j’ai commencé à appréhender la basse en particulier et le jazz en général, je me suis mis à écouter certains grands du Jazz, dans le genre, si tu veux savoir ce qu’est le jazz, assieds-toi et écoutes ces mecs là, et en découvrant des morceaux comme Epistrophy et Trinkle tinkle, je me suis dit que cette musique était une blague. Surtout quand on écoutes Round’ midnight qui semble plus « cohérent ».
Et par la suite, j’ai commencé à mesurer l’apport du truc dont je suis pourtant sûrement encore bien loin d’avoir saisi toute la substance.
En tous cas, et même si ses contemporains ont souvent considéré que son style était le résultat d’une « insuffisance technique érigée en système » comme le signale Pianobleu, Monk est juste un génie (ici, le terme est loin d’être usurpé) qui a influencé de nombreux pianistes, dont Russel Ferrante des Yellowjackets, qui est à mon sens un des plus grands pianistes du moment (depuis au moins 20 ans) et Joe Zawinul, notamment.
Certains ont même vu en lui un artiste d’avant-garde, du fait de l’utilisation inhabituelle et novatrice de la mélodie, du rythme et de l’harmonie pour l’époque.
Mais alors, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir écouter ? Voyons voir, et pourquoi pas Epistrophy, Trinkle tinkle et Round midnight ? Et Off minor, et Straight no chaser.
Epistrophy

Trinkle tinkle

Round Midnight

Off minor

Straight no chaser

Sinon, je vous invite à lire le bouquin de Laurent De Wilde, terrible pianiste Français, Monk.
Dire que je l’ai offert alors que j’aurais pu me le garder.
Parfois, on se passerait d’être attentionné.
Tout ça pour dire que si WordPress met du Thelonious dans sa version 3.0, c’est que ça claque.
Sinon, ca va bien ?